Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 12:53
 

MEMO D'AFRIQUE:



Vous trouverez ci-après les notes du voyage. Les répertoires de l'album photo sont classés chronologiquement.
N'hésitez donc pas à faire des aller-retours entre l'article et les photos. N'hésitez pas à laisser des commentaires.


Samedi 31/10/2009:

Nous arrivons au Cap par beau temps. Nous avons bien pu nous reposer dans l'avion. Nous sommes même en avance. Est-ce pour cette raison ou est-ce le circuit normal d'un avion atterrissant au cap? Dans tous les cas, nous avons droit à un survol de la région. Le panorama est superbe, les plages de sable blanc côtoient les montagnes.

Tout se passe idéalement au débarquement. Tant et si bien que la personne devant nous réceptionner arrive avec un peu de retard. A peine le temps de se demander comment gérer la première galère du voyage que tout rentre dans l'ordre.

Direction la région des vins avec les villes de Stellenbosch et de Franschhoek. L'occasion de ressentir des sensations de débutant du permis de conduire puisqu'il faut conduire à gauche. Nous délaissons rapidement Stellenbosch pour Franschhoek où nous attend le très bel Huguenot Memorial Museum. L'atmosphère de la ville a un parfum de France. Cela nous donne l'occasion de comprendre un des aspects de la société sud-africaine en apprenant comment ces 250 familles protestantes françaises sont venues s'installer ici au 17ème siècle. Nous enchaînons par une dégustation des vins du domaine « Dieu Donné » et nous reprenons la route pour Cape Town via une route de montagne très pittoresque où Aude a l'occasion d'immortaliser sur pellicule nos premiers babouins.

A l'arrivée sur Cape Town, la vision des townships où s'entassent encore 2 millions de personnes nous ramène à la réalité de la société sud-africaine. Nous filons vers le centre où nous sommes accueillis au David Guest House où nous allons séjourner 3 jours. Hannes, notre hôte, nous met à l'aise de suite. Le cadre est agréable, meublé en style victorien.

Pour le repas du soir, nous allons vers le port tout proche où nous trouvons une excellente table où nous mangeons, pour un prix plus que raisonnable d'un point de vue européen, une assiette où se mélangent poissons, crustacés, et langouste. Bref, notre première journée se termine très agréablement. Nous sommes plus que ravis d'avoir profité de ces premières heures de façon idéale.


Dimanche 01/11/2009:

Nous prenons la route pour Houte Bay. C'est l'occasion de circuler à flanc de montagne avec vue sur l'Océan Atlantique et ses plages de sable blanc. Le paysage, avec ses maisons à flanc de colline, fait penser à la Californie. A Houte Bay, nous prenons un bateau pour Duiker Island. Il s'agit plus d'un gros rocher que d'une île. La curiosité vient du fait que des milliers d'otaries y ont élu domicile. C'est très sympa, ça vaut le détour. Mais, nous pensons que le Routard s'est un peu enflammé en y collant 3 étoiles (c'est le maximum).

Nous enchaînons par une route magnifique, la Chapman's Peak Drive, merveilleuse association des paysages de la mer et de la montagne. En point d'orgue, l'arrivée sur Noordhoek, avec une plage extraordinaire. Cette fois-ci, les 3 étoiles du Routard sont complètement justifiées. Epoustouflant pour reprendre ses termes.

Direction le parc « Cape of Good Hope Nature Reserve ». Là encore, nous sommes enthousiasmés par les paysages pour arriver au cap de Bonne Espérance (tout le monde ne parle pas anglais...nous, nous sommes au taquet!!). L'association des fleurs, de la montagne et des de la mer est magique. Nous passons symboliquement devant les panneaux marquant la pointe sud du continent africain. En quittant le parc, nous en avons plein les yeux. Le seul regret est de ne pas avoir vu de babouins. Plusieurs panneaux nous prévenant de faire attention en cas de rencontre nous avaient donné l'impression que nous en verrions en nombre. Soudain, 1 km après la sortie du parc, nous tombons sur environ 20 individus. Tout est donc parfait.

Nous reprenons la route vers le Jardin de Kirstenbosch, dernière étape de la journée. Le parc est trsè agréable. Nous devinons le plaisir des habitants à venir pique-niquer ici, on est à 2 pas du centre-ville. Nous sommes au début du printemps et le jardin est surement encore plus spectaculaire plus avant dans la saison mais c'est déjà très joli. C'est bien un des lieux incontournables du Cap.

Le dîner, dans le centre-ville désert à cette heure, nous amène à manger de la viande sud-africaine. Plutôt cuite et badigeonnée d'une sauce caramélisée ( le basting). Nous imaginons que le « sirloin » indiqué dans le menu est une bête mystérieuse, sauvage au moins. Cela s'avère tout à fait comestible. Nous apprendrons le lendemain qu'il s'agit en fait de l'entrecôte du boeuf! Jusqu'où va se nicher l'aventure!

Au niveau du vin blanc, il se confirme que le Chardonnay est un excellent choix. Pour ma part, je vais à la découverte du Pinotage (cépage uniquement sud-africain, issu du croisement du Pinot et du Cinsault). Je suis tout de suite conquis par la finesse de ce vin. Il n'est pas martelé par le soleil comme les vins rouges sud-africains qui étaient arrivés jusqu'à moi auparavant.


Lundi 2/11/2009:

Nous commençons cette dernière journée au Cap par la montée sur la montagne de la Table où, encore une fois, nous jouissons d'un panorama magnifique avec des vues sur l'océan.

Nous enchaînons avec la visite de Groot Constantia (prononcez Groute Constansia). Domaine agricole et viticole établi par Simon Van der Steel en 1679, 2ème gouverneur du Cap donc batave (peut-être un cousin de Francis?). Les vignes et les bâtiments sont magnifiques. Le mobilier, présenté dans le manoir, est d'époque même si ce n'est pas le mobilier d'origine. C'est très beau (il faudra nous croire car pas de photos autorisées à l'intérieur!). On enchaîne sur la visite des caves...qui ne présente aucun intérêt, enfin quand on connaît! Tout est ultra-moderne. Ceux qui pensaient voir des moyens de production ancestraux en sont pour leur frais. C'est notre cas!

Pour les vins proposés en dégustation, rien à signaler jusqu'au dernier. Nous découvrons un rouge très sucré, titrant à 17°, qui a vocation à accompagner les desserts. Excellent!

Nous retournons sur Cape town où nous allons à la découverte du Bo-Kaap, quartier musulman de la ville, où les maisons de couleur se succèdent les unes aux autres. C'est très joli même si ce n'est finalement pas bien grand. Un petit tour dans le centre-ville, cette fois-ci animé. C'est vivant et coloré. Nous terminons la journée dans un steak-house tenu par un autrichien, établissement recommandé par le Routard. Simple mais excellent. Seul le choix des vins est riquiqui. Ma connaissance du vignoble sud-africain ne progressera pas ce soir! Effectivement, le propriétaire, qui fait griller la viande devant la clientèle, semble préférer des alcools plus forts. La fréquence de lever du coude est élevée, cela explique sans doute ce petit teint rougeaud...Enfin, c'était très bon et c'est pour nous l'essentiel!

 

Mardi 3/11/2009:

Par avion, nous rejoignons Durban à 1700 km du Cap. Direction le Zoulouland, le pays des Zoulous, Santa Lucia, son lac, l'estuaire vers l'Océan indien. Nous sommes très bien accueillis au Wetlands Guest House. Notre temps sur place est limité. Mais grâce aux conseils du propriétaire, notre programme va être optimal. Nous débutons par une ballade en bateau dans un cadre exceptionnel par ses paysages et sa lumière. Nous allons à la rencontre des hippopotames. Vraiment génial! Nous avons également vu notre premier...et dernier crocodile du séjour.

Avant d'aller dîner, nous allons voir une plage sur l'Océan Indien. Santa Lucia est le point de départ de 200 km de plages de sables sauvages. Nous rentrons assez vite car le soir tombe et nous sommes maintenant dans une Afrique du Sud plus sauvage où la proximité des animaux incite à la prudence...La journée se termine par un petit restaurant, orienté poisson. Il se confirme que le pinotage est une découverte bien intéressante! Aude délaisse son verre de vin blanc pour un coktail Gin, Tequila, Curaçao! Santa Lucia est une petite ville avec une presque unique rue transversale. C'est au bord de l'Océan Indien. C'est paisible. Après Cape Town, c'est notre 2ème vision de l'Afrique du Sud. Nous sommes maintenant familiarisés avec le « How are you? », formule de politesse qui suit presque systématiquement le bonjour. L'insécurité existe en Afrique du Sud. Nous respectons les consignes de sécurité données dans les guides et nous nous sentons bien. Nous respectons aussi les règles associées aux petits boulots (pompistes, gardiens de voiture dans la rue, etc...). Nous savons que des familles vivent de ces petits boulots. Les gens sont courtois même quand la monnaie nous fait défaut, l'ambiance reste cool. Nous aurons bientôt l'occasion de constater qu'il en n'est pas de même partout en Afrique.

 

Mercredi 4/11/2009:

Après un petit déjeuner d'inspiration « So british », nous prenons la route du parx Wetlands. Dans cette réserve traversée par une route goudronnée de 32 km, nous allons tenter de voir nos premiers animaux en liberté. Tout est possible sauf le lion nous a assuré le propriétaire du lodge. Le parcours commence par la découverte de la savane africaine. L'impression de liberté est totale même si nous avons pour consigne de ne pas sortir de la voiture, ni même d'ouvrir les fenêtres. Ceci ne représente pas une contrainte mais pimente notre safari en solo d'un risque qui matérialise la proximité de la vie sauvage. Soudain, les premiers animaux apparaissent. Des gazelles, des antilopes, des gnous, des phacochères, des zèbres. Observables à la jumelle dans un premier temps, puis suffisamment proches pour être photographiés. L'excitation monte. Puis ce sont des singes, les grivets, qui sont là juste à côté de nous. A peine le temps de reprendre notre souffle, que nous attendons la suite avec impatience. L'appétit vient en mangeant, nous attendons notre premier rhinocéros. Nous en parlons seulement depuis quelques minutes que nous en voyons un. Assez proche pour être photographié, en train de faire sa sieste à l'ombre d'un arbre. A proximité, un troupeau de buffles. Sensationnel, on se croirait dans les « Animaux du Monde », désolé pour la référence, les moins de 20 ans ne pourront comprendre. Nous sommes comme des fous dans la voiture. Nous arrivons au bout de la route au Cap Vidal, immense plage de sable. Sensations du bout du monde. Pour le retour, nous empruntons une piste, la Loop Road. Nous passons au milieu de la forêt puis nous longeons des marécages. Descente de voiture interdite à cause des crocodiles. Tout le long de cette route, nous espérons un éléphant. Nous ignorons encore qu'il s'agit d'un animal très difficile à voir. Nous nous contentons de phacochères baignant dans la boue. Retour sur le goudron. Avec deux derniers chocs avant la sortie, 3 rhinos (j'utilise l'abréviation comme en Afrique du sud), puis plus loin, un groupe de zèbres. Pour les zèbres, si proches, les jumelles sont inutiles. Nous sortons plus que ravis de cette expédition.

Il est finalement 13h30 quand nous reprenons la route pour le Swaziland. Nous espérons, comme la veille, que nous pourrons gagner du temps par rapport au Road Book. Nous nous apercevons rapidement, cartes à l'appui, qu'il n'en sera rien. Nous roulons sur la Nationale 2 à 120 km/h. Une ou deux voies, la limitation est la même. Les véhicules plus lents ont pour coutume de se déporter sur la bande d'arrêt d'urgence pour laisser passer le plus rapide. On se dit que c'est sympa et nous adoptons cette méthode. A chaque dépassement, on remercie. Quand on est dépassé, on est remercié. C'est courtois, c'est cool. En cas de voiture arrêtée sur la bande d'arrêt d'urgence, on change un peu d'avis mais bon....De même, il y a parfois des gens qui attendent le Baz bus, un min-bus aux arrêts multiples qui sillonnent les routes. Sans parler des gens qui marchent, seuls au bord de ces routes, parfois loin de tout. Ou vont-ils? D'où viennent-ils? Mystère.

Nous sommes à la frontière du Swaziland, En 5 km, les véhicules se sont raréfiés. L'ambiance à la frontière est carrément glauque. On se demande où on débarque. De fait, de l'Afrique du Sud multi-raciale, à l'apparence prospère et sécurisée, nous entrons dans une Afrique misérable. Dès les premiers km, nous apercevons les cases des habitants. Nous nous arrêtons pour photographier. Immédiatement, les enfants accourent pour quelques pièces. Nous reprenons la route un peu éberlués. Nous enchaînons les kilomètres. Seul signe de jours meilleurs. Les enfants vêtus de leurs uniformes sortent des écoles et rentrent chez eux à pied, visiblement parfois plusieurs kilomètres. Nous arrivons à Manzini, la ville la plus importante du pays, même si ce n'est pas la capitale, très proche du Mozambique. Nous lisons dans le Routard que le seul intérêt de cette ville est son marché mais qu'il est déconseillé d'y aller à cause des vols. Ambiance!

L'absence de panneau à un croisement nous fait perdre notre route. Une station service, 500 mètres plus loin, à l'aspect un peu glauque, permet d'obtenir des renseignements et de corriger l'erreur de suite. Direction Mbabane, la capitale. Le soir tombe et le brouillard avec. Cela n'est pas moins inquiétant même si la région semble moins pauvre. Aude, grâce à un bon coup d'oeil, voit un panneau indiquant l'hôtel, un peu perdu dans les montagnes. Nous sommes contents d'arriver à l'hôtel, oasis sécurisé et confortable pour « blancs ». Clairement, nous sommes ailleurs....

 

Jeudi 5/11/2009:

Nous reprenons notre route au plus tôt. Etant arrivé de nuit, nous espérons que le matin nous permettra de découvrir les paysages de montagne qui font le charme de ce pays. Hélas, le brouillard est de la partie. L'absence de panneau nous fait louper notre route et nous nous retrouvons dans le centre de Mbabane. Dévisagés par les habitants, nous avons l'impression de représenter une curiosité. Bref, nous ne nous attardons pas trop...et retrouvons notre route rapidement. La brume se lève enfin et révèle des paysages qui justifient le surnom de Suisse Africaine du pays. On parle bien des paysages....pas des banques. C'est très beau. Les vallées verdoyantes avec les vaches en pâturage, où sur les accotements, semblent assurer aux habitants une vie moins misérable.

Nous retrouvons l'Afrique du Sud. L'ambiance à la frontière est cette fois-ci tout à fait détendue. D'emblée, le pays semble mieux organisé avec de magnifiques surfaces de bananiers et de canne à sucre. Direction Nelspruit, une grande ville toujours proche du Mozambique. Puis direction le Nord, le parc Kruger, et particulièrement la réserve de Thornybush. Il fait beau et ça fait du bien de retrouver l'ambiance sud-africaine à laquelle nous avons pris goût.

La route est bonne. La distance à parcourir est longue. Tant et si bien que, dans une portion limitée à 80 km/h, nous sommes stoppés par une policière. Excès de vitesse, mesurée aux jumelles à 97 km/h. La policière, très courtoise, voit bien sur que je suis un étranger. J'ai envie de régler l'affaire au niveau local pour éviter un traitement administratif avec conséquence en France. Lorsque je demande comment régler l'amende, elle m'indique que nous devons aller au poste pour le faire. Cela ne nous arrange guère par rapport à la route qui nous reste et à l'horaire auquel nous sommes attendus. Lorsque je demande s'il n'est pas possible de payer sur place, la policière me dit que c'est possible si nous avons des espèces. Ok, ça me va bien. Combien? 500 Rands (50 €) me dit-elle. Mais 300 Rands (30 €) feraient l'affaire. Du coup, je comprends que l'amende se transforme en pot de vin. Ca me va bien aussi bien du point de vue administratif que du temps. La policière, voyant nos billets fraichement retirés, se sent motivée de nouveau par 500 Rands. Mais là, je lui explique que ça ira très bien avec 300 Rands et nous reprenons la route. Nous n'étions finalement pas si loin du but. Nous sommes fatigués par la route et un peu déconcentrés par les derniers évènements. Du coup, nous loupons la route indiquée par le Road Book. Après 10 km, retour en arrière. Cette fois-ci, on trouve l'entrée de la Réserve. Mais pas de trace de notre lodge sur le panneau indiquant les lodges desservis par cette entrée. Nous nous sommes donc trompés plus tôt que nous le pensions. Retour en arrière, nouvelle entrée de la réserve. Toujours pas de lodge sur la liste. Cette fois-ci, nous demandons au poste de garde. Si c'est là! On se tape 15 km de piste bosselée. Quelques panneaux de lodge. Toujours pas de Tangala à l'horizon. Finalement, à un moment, Aude se retourne et s'aperçoit qu'il y a un panneau dans l'autre sens qui indique le Tangala à la précédente intersection. Un seul panneau et dans le sens inverse. Il faut croire que ça se mérite! Le temps de faire demi-tour, on s'aperçoit que nous sommes tout près de la première entrée! Bref, une bonne ½ heure de perdue à tournicoter. Encore 6 km de piste nous dit le dernier garde. Déjà les premiers animaux, des phacochères notamment. Aussi, une carcasse de girafe pour mieux nous faire comprendre que cette fois-ci nous sommes dans la gueule du ...lion...enfin dans la réserve. 12000 hectares...où les animaux, dont les Big 5 (les 5 grands: lion, éléphant, léopard, buffle, rhinocéros), sont donc en liberté.

Nous arrivons enfin au camp. Le soleil tape. Il fait 35°C, la climatisation de la voiture souffre, inondant le tapis des condensats. Louisa nous accueille, nous présente le lodge, notre chambre, sans électricité mais superbe. Malgré l'amende, nous nous disons que nous avons bien fait de rouler car il est 15h, notre premier safari est programmé à 16h et nous avons rendez-vous à 15h30 pour un café et un en-cas. Là, nous faisons la connaissance de Mike, notre guide en chef pour les safaris. Grand, bronzé, le rire franc, il est sympathique, symbole de l'Africain blanc, tendance so british. Il nous informe que nous prendrons un apéro, pardon un drink, à l'issue du safari, au coucher du soleil, dans la savane. A Aude qui lui répond qu'elle prendra un coca, il lui suggère avec un grand rire que cela serait bien mieux de prendre un gin tonic. Elle accepte bien sur! Les autres clients se présentent spontanément: Rolland, un allemand de Dusseldorf avec sa femme et sa belle-soeur, la cinquantaine, Tom, un jeune trentenaire hollandais et son épouse. Il y a également un couple de jeunes Belges. Nous partons dans une grande jeep conduite par Mike. Il ne faut pas oublier Ruben, pisteur placé, placé sur un siège en hauteur tout à l'avant du véhicule. Nous sommes partis depuis 5 minutes que nous tombons sur des rhinos en train de s'abreuver au premier point d'eau. Là, nous sommes tout proches d'eux. Après plusieurs minutes consacrées aux photos, nous repartons? Nous tombons rapidement sur des zèbres, des gnous, des koudous. Mike nous annonce que l'objectif majeur du safari est l'éléphant. Nous sillonnons les pistes. Ruben et Mike sont attentifs aux traces. A un moment, ils s'arrêtent. Ils regardent les traces de plus près, Ils nous laissent même seuls. Mike revient au bout de 10 minutes. Ruben reste seul dans la savane alors que nous repartons en voiture. Nous le rejoignons en fait. Les 2 hommes communiquent bien. Les éléphants sont là tout proches parait-il. Tellement proches qu'ils sont là. Un groupe de 5 qui défoncent les arbustes, s'arrêtent pour manger. Nous sommes sur la piste. Quatre sur les cinq traversent la piste devant nous. Le 5ème, le plus gros, hésite, interpelé par notre présence. Il s'approche, à 5m, puis 3m, puis 1m...il s'arrête. Le moteur de la jeep tourne au cas où....L'éléphant recule. Il en va 2 fois ainsi. Mike avance ou recule pour lui barrer la route. Soudain, ça s'emballe. L'animal est décidé et fonce sur la voiture. Mike accélère et file sur la piste défoncée. Il ne s'occupe que de conduire. C'est Ruben qui se retourne et le renseigne sur le fait que l'éléphant nous poursuit. Aude a franchement les jetons. Je me retourne. Je vois l'éléphant, à 5 m environ, qui barrit. Je sens ses postillons sur ma joue. Je vois aussi notre nouvelle connaissance hollandaise terrorisée, en larmes, au dernier rang de la jeep. Nous sommes complètement brinqueballés sur la piste. Finalement, l'éléphant abandonne la poursuite. Mike en profite pour rire un bon coup. A peine le temps de se remettre que Mike nous annonce que nous allons voir un vieux lion. Nous comprenons que pour le lion, il a bénéficié des renseignements des autres pisteurs avec qui il communique par radio. Il n'hésite pas à s'enfoncer dans les taillis avec la jeep. Ca y est, 3 lions sont là dont un vieux mâle (avec moi, ça fait 2! Et encore lui n'a que 20ans) Nous sommes tout proches. Les taillis nous empêcheraient de dégager comme nous l'avons fait tout à l'heure. Du coup, après l'épisode de l'éléphant, nous espérons que ces gros chats vont rester bien tranquilles. Et c'est le cas. Bien sûr, il ne faut pas se lever, pas faire de gestes brusques mais cela paraît tout simplement incroyable. Il en va de même pour l'apéro...pardon le drink dans la savane. Extrêmement agréable. Et nous partageons nos émotions avec nos nouvelles connaissances.

Nous rentrons au camp, et passons rapidement à table...mais autour du feu...cohabitation de la tradition et du confort moderne. Le repas préparé par Richard est diabolique de simplicité et de saveurs. Jamais mangé une purée (avec une sauce au fromage) aussi bonne.

Nous rejoignons nos chambres, ambiance lampe à pétrole, moustiquaire, toit en paille. Il faut penser à dormir car demain réveil à 5h pour départ du safari à 6h.

 

Vendredi 6/11/2009:

Nous sommes réveillés par le jour à 4h30. Nous sommes fin prêts pour le café de 5h30, annoncé au tam-tam. A 6h débute le safari. C'est moins spectaculaire. Nous voyons quelques koudous. Nous sommes à la chasse au léopard. Ruben et Mike descendent régulièrement de voiture, l'attente est parfois assez longue avant qu'ils ne reviennent. Mike semble un peu contrarié. Ca se présente mal. Après 2h de recherche , il abandonne. Cela nous fait percevoir aussi que ce n'est pas gagné d'avance, nous ne sommes pas au zoo. D'autres pisteurs ont localisé des guépards. Mike nous conduit. Selon ses propres termes, il s'agit du lot de consolation. Puis, il nous emmène à un point d'eau où se trouve un troupeau de buffles. De retour au camps, le petit déjeuner, style british avec oeufs au bacon, j'en passe et des meilleurs, finit de remettre le sourire à tout le monde.

Avec Aude, nous décidons de rester tranquilles. Le voyage a été intense depuis une semaine et cela fait du bien de se poser un peu. En attendant le safari de 15h30, nous profitons de la venue d'une girafe au point d'eau tout proche. De même, trois phacochères s'approchent vraiment tout près alors que je suis seul sur la terrasse en train d'écrire ces notes.

Il est déjà 15h30 et nous repartons à la chasse au léopard. Le rituel commence avec la recherche des premières traces. Mike et Ruben s'enfoncent à pied dans les taillis. Au bout de 10 minute, Mike revient seul. Rolland lui demande s'il a trouvé. Pas encore lui répond Mike. Nous reprenons la piste avec la jeep sans Ruben. Soudain, Mike écoute son oreillette et part à fond la caisse. Cette fois-ci ça sent bon. Nous dépassons quelques pisteurs qui cherchent aussi. Mais là, on sent que Mike et Ruben ont quelque chose et veulent être les premiers. Mike nous communique son excitation. Nous entrons dans les taillis et cette fois-ci, Mike nous dit de bien prendre garde à ne pas se lever, pas de geste brusque,etc...Et il est là, couché, à se reposer en attendant la nuit pour aller chasser. On s 'approche et les appareils photos déclenchent un maximum.

C'est le top. Entre la recherche et le spectacle, nous sommes vraiment comblés. Mais il est dit que ce safari sera vraiment parfait. Nous reprenons les pistes et nous avons droit à un troupeau de rhinocéros avec un petit (enfin si on peut dire), puis 3 magnifiques lionnes.

Nouveau rituel de l'apéritif dans la savane. Toujours aussi bien même s'il fait pratiquement nuit ce soir, le programme a été tellement riche... Au retour, dans la nuit bien tombée maintenant, Ruben nous montre avec son spot un léopard qui, cette fois-ci, est en vadrouille...à 500 mètres du camps où nous rentrons pour un nouveau dîner toujours au top.

 

Samedi 7/11/2009:

Même rituel que la veille. Dernier safari où nous repartons à la chasse à l'éléphant. Au cours de celle-ci, nous tombons sur un groupe de 8 girafes. Décidément, on aura tout vu! Nous trouvons un groupe de 5 éléphants en train de manger. Comme nous l'avons maintenant compris, l'éléphant est l'animal dont il faut le plus se méfier. Nous restons sur la piste et cette fois-ci, les éléphants restent concentrés sur leur déjeuner. Les arbres sont très abîmés comme s'il y avait eu un cyclone. Mike nous dit que les éléphants ont du se regrouper (à priori 40 individus au total sur la réserve) et va essayer de les retrouver. Mais en vain pendant 1 heure. Malgré cela, nous savons que c'est notre dernier safari et nous en profitons à fond.

Retour au camp, petit déjeuner toujours aussi délicieux, et nous reprenons la route direction Johannesburg via le Blyde River Canyon, et l'ancienne ville de mineurs (mines d'or) de Pilgrim Rest. La route de montagne n'est pas mauvaise. Le temps est nuageux mais nous permet quand même de profiter des paysages. Ce canyon est le 3ème plus grand du monde. Le temps ne nous a permis de faire beaucoup de photos.

L'arrivée sur Pilgrim Rest est aussi très belle même s'il pleut maintenant. Le village ne retient pas trop notre attention. Nous savons aussi qu'il nous reste pas mal de route. Nous repartons.

Les quelques heures sur la Nationale nous permettent , avec le soleil revenu, de profiter également de paysages de montagnes très beaux avec les baobabs, et aussi des arbres, non identifiés, mais qui ont de très belles fleurs bleues.

Nous arrivons finalement sans encombre à Johannesburg, où nous rejoignons un hôtel, ultra moderne et confortable, tout proche de l'aéroport. Le dîner nous fait renouer avec la viande de boeuf décidément très bonne.

 

Dimanche 8/11/2009:

Comme d'habitude, aucun retard au départ de notre vol à destination des chutes Victoria au Zimbabwe. Nous sommes un peu déroutés...il y a plein (pour ne pas dire trop) de Français dans l'avion (British Airways pourtant...). Atterrissage un peu mouvementé mais enfin rien de bien sérieux. Passage à la douane. Retour à une Afrique moins organisée où seulement 2 guichets délivrent le visa nécessaire. Cela a pour conséquence de provoquer une attente d'une heure et bien sur de faire rouspéter quelques uns de nos compatriotes, fidèles à leur réputation.

Notre guide nous attend. Nous sortons de l'aéroport, direction notre hôtel. Nous comprenons vite que nous ne sommes plus en Afrique du sud de nouveau. L'hôtel est tout proche. Nous quittons la route pour une piste de 4 km. Et là nous arrivons dans un magnifique endroit, ambiance Relais & Châteaux, un peu insolite car au milieu de nulle part. Pour l'hébergement, nous finirons donc notre périple en apothéose. Une fois installé, nous profitons du panorama et de la piscine. Le parc de l'hôtel donne (avec une clôture électrique de 5 fils comme séparation) sur une réserve de 2000 hectares bien sur habitées de nombreux animaux. Nous apercevons des zèbres et quelques babouins au loin ainsi que des koudous qui viennent boire. On se promène un peu. Et là, j'aperçois un babouin installé dans un arbre cette fois-ci tout près de nous. Soudain, ça s'emballe, car le premier est bientôt rejoint par 3, 5, 10, 20, 40 babouins! Des petits, des grands, des mères avec des petits. Ca grimpe aux arbres, ça crie. Du grand spectacle. Puis ils s'en vont. Cela a duré ½ heure mais c'était magique.

Le repas du soir est à la hauteur de la beauté des lieux. Une cuisine très raffinée. Par contre, les prix sont en dollars US et il faut oublier les sympathiques prix sud-africains pour les vins. Heureusement que nous n'avons que ça à payer car nous n'avons pas emmené trop d'espèces pour seulement 2 jours. Il faudra que nous fassions attention à nos dépenses car pas de paiement possible par CB (il faudrait aller en Zambie certes toute proche mais quand même) au Zimbabwe et pas de distributeurs non plus. Cela montre bien,par ailleurs, l'état déplorable du pays.

Toutes ces considérations ne nous font pas descendre de notre petit nuage.

 

 

Lundi 9/11/2009:

Direction les Chutes Victoria. Tout est organisé. Une voiture nous attend à 9h. Un couple d'Italiens, clients de l'hôtel, est de la partie. Nous discutons et nous mettons d'accord sur le programme, notamment sur la visite d'un village traditionnel après la visite des chutes.

Les chutes se révèlent grandioses et majestueuses. Dire qu'elles sont au plus bas en cette saison! Pourtant nous sommes éclaboussés, et le bruit est impressionnant, de même que le brouillard créé par l'écume de l'eau qui se déversent, à vive allure, 100 m plus bas. Le site est large d'environ 2 km.

Pour les photos, difficile de rendre compte du gigantisme des lieux. Sur certaines, on aperçoit des gens qui se baignent côté Zambie, où qui se baladent côté Zimbabwe. Ce sont des point de repère qui permettent de mieux se rendre compte des dimensions du lieu. On se dit que ce bon vieux Livingstone, et ceux qui l'accompagnaient, ont du avoir un sacré choc quand ils ont découvert tout ça!

Nous devons déjà repartir. Nous serions bien restés ½ heure de plus mais nous ne sommes plus en totale liberté comme en Afrique du Sud.

Avant d'aller au village, nous ressentons encore l'extrême misère du pays. 4 ou 5 vendeurs de boissons se battent (enfin presque) pour nous vendre 2 bouteilles d'eau. Nos amis italiens souhaitent faire du change à la ville. C'est notre chauffeur qui s'en charge. A peine parti à la banque, des vendeurs de souvenirs entourent la voiture. Ils veulent nous fourguer des babioles en bois, des billets zimbabwéens en souvenir (14 zéros mais ça ne vaut rien: 1 000 000 de % d'inflation en 2008!). Nous les remercions poliment et après plusieurs minutes infructueuses, ils laissent tomber.

Au village, nous sommes accueillis par le chef qui nous explique la vie de la communauté qui compte au total 350 âmes. Ils élèvent des poulets, des moutons, ils cultivent la cacahuète. Le chef est aussi le médecin. Il en rajoute un peu, voire beaucoup, prétendant guérir le choléra. Ils vivent à priori loin du modernisme tout relatif du reste du pays. Il s'organisent de façon autonome pour l'école, se disent en sécurité à l'intérieur de la communauté. Le chef nous parle également de l'Europe, arrivée jusqu'ici pour un programme d'aide au développement basée sur la culture d'une plante rentrant dans la fabrication de médicaments. Le chef nous fait visiter les cases, les chambres, la cuisine, son bureau, les lieux de réunion. Tout est extrêmement rudimentaire. Tout cela se finit sur une note un peu étonnante. Notre guide parti, pour assurer une liaison pour des touristes, tarde un peu à venir nous chercher. Du coup, le chef appelle un jeune qui lui amène un téléphone portable qui permet de contacter notre guide qui est sur la route et arrivera 5 minutes plus tard. Un peu bizarre dans le contexte, non?

Nous rentrons à l'hôtel sous une chaleur accablante (37°). Nous nous concoctons le même programme que la veille, piscine, observation des animaux. Mais curieusement, en cet fin d'après-midi, nos amis, les babouins, ne sont pas de la partie. Notre dernière soirée se termine tranquillement. Cette fois-ci, ça sent la fin.

 

Mardi 10/11/2009 et Mercredi 11/11/2009:

Johannesburg ==> Francfort ==> Lyon. Voilà, c'est fini!

Par Aude et Jean-Marc
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